Colombie 2016

20 septembre 2016

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20 septembre 2016

La génération de la paix

20 septembre 2016
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Cérémonie d'ouverture

Le 8 septembre 2016, sur la demande de la secrétaire à la santé, du recteur de l’UIS (Universitad Industrial de Santander), de la directrice de recherche en culture et société, et en présence du gouverneur, j’ai eu l’honneur de participer à la cérémonie de lancement de la génération de la paix qui clôture le séminaire que j’ai animé pendant 4 jours : « Neuf mois pour préparer l’accouchement et la génération de la paix ».

Je partage avec vous l’exposé qui m’a permis d’introduire cette cérémonie.

C’est une grande idée que de profiter de la paix qui est en train de se construire avec les FARC, pour sensibiliser tout un pays à la paix !

La Colombie a beaucoup souffert de la guerre, de la violence sous toutes ses formes. C’est un pays qui a beaucoup enduré et c’est la raison pour laquelle il peut devenir un spécialiste de la paix, devenir un exemple pour tout ceux qui veulent la paix de part le monde.

Par le passé la Colombie a déjà donné au monde entier une leçon de paix, d’amour et d’espoir de vie avec la méthode des mamans-kangourous. Cette méthode protège la vie au moment des naissances prématurées alors qu’elle est en grand danger. Elle apaise la mère et l’enfant en évitant les séparations douloureuses. Les résultats ont été sans équivoques et actuellement, cette méthode relayée par l’OMS est mondialement connue.

Mais aujourd’hui comment faire la paix ? Par où commencer?…. Que l’on soit colombien, français ou de n’importe quelle nationalité ?

Il faut d’abord le décider. Parce que c’est ainsi, l’humain a une tendance naturelle à se venger, à rendre coup pour coup. C’est donc un vrai choix individuel héroïque de ne pas céder au réflexe naturel de la vengeance. Faire le choix de la paix, c’est le signe d’une grandeur d’âme et ici en Colombie beaucoup font ce choix.

Gandhi, un des plus grands spécialistes de la paix nous dit comment s’y prendre :

« Si tu veux la paix dans le monde, il faut la paix dans ton pays.
Si tu veux la paix dans ton pays, il faut la paix dans ta région.
Si tu veux la paix dans ta région, il faut la paix dans ta ville.
Si tu veux la paix dans ta ville, il faut la paix dans ta rue.
Si tu veux la paix dans ta rue, il faut la paix dans ta maison.
Si tu veux la paix dans ta maison, il faut la paix dans ton cœur. »

Je crois que nous tenons l’origine de toute solution non pas à l’extérieur, mais au fond de nous dans la partie la plus intime : dans le cœur de chacun. Faire la paix dans son cœur…
Oui… d’abord choisir la paix, puis se mettre en route pour la faire…

Nous avons beaucoup de choses sur le cœur qui l’empêche de battre librement, d’aimer librement : des vieilles rancœurs, des blessures intérieures bien difficiles à cicatriser, on peut le comprendre.

Mais ce qui pèse sur notre cœur nous fait d’abord du mal à nous même, à tout notre corps qui se tend, se tord, surtout notre visage qui finira par perdre la capacité de sourire. Pourtant. Le sourire est ce qui signale la beauté humaine, c’est un signe de royauté. Perdre le sourire pour le rictus qui défigure l’humain, fait régresser au rang de bête. Alors après nous avoir fait du mal à nous-même, ce qui pèse sur notre cœur fait aussi du mal autour de nous.

Ici à Bucaramanga un programme se met en route pour éviter cette déchéance, pour proposer à chacun de choisir la paix et l’accompagner dans les étapes pour y parvenir.

Cette paix intérieure conquise produira une paix extérieure et, par contagion de plus en plus large, de la maison à la rue, de la rue à la ville, de la ville à la région, de la région au pays et du pays au monde.

Je me suis moi-même mis en quête de cette paix du cœur il y a des années et tous les jours j’avance lentement dans cette direction.

Surement…. je ne suis pas en Colombie par hasard. Il y a à ce jour des projets qui se préparent pour renforcer cet effort de paix et je vais y participer activement.

Je sais par expérience que le processus est lent, mais je sais aussi qu’une fois amorcé l’être est naturellement emporté, tellement la vie lui apparaît peu à peu sous un jour nouveau et plein d’espoir. Le sourire qui revient sur le visage des enfants, des femmes, des hommes en est le signe. Le sourire s’échange, se partage : celui de l’enfant pour sa mère, celui de l’homme pour sa femme et de la femme pour son homme, le sourire pour un voisin, un inconnu, un étranger…

Ce sera lent certes, mais un pas après l’autre l’humanité sortira peu à peu de l’impasse dans laquelle la violence l’a mise.

Alors, après le choix de la paix, il faut celui de la persévérance. Je souhaite à tous ceux et celles qui ont fait ce choix ici en Colombie et ailleurs de par le monde, toute la persévérance nécessaire pour y parvenir.

Alors ce que beaucoup ont rêvé sera !

3 comments

  1. Je suis entièrement d’ accord sur le fait qu ‘ il nous faut la paix du coeur en premier car c’ est du coeur que provient toute chose ; et notre coeur a besoin de connaître le Prince de la PAIX qui est Jésus – Christ ! IL a dit de Lui- même : » Je vous laisse la paix , Je vous donne ma paix ; Je ne vous la donne pas comme le monde la donne . Que votre coeur ne se trouble pas , croyez en moi . »

    Vos méditations sont très justes , merci et soyez persévérant !

  2. Bonjour Hugues,

    Merci pour ce texte qui donne de l’espoir. Quelle belle tâche t’est confiée!
    Toutefois je ne comprends pas lorsque, dans ce beau texte, tu fais référence à la « bête ».
    Il me semble que les animaux ne causent des souffrances que pour assurer leur survie.
    Peux-tu, SVP, m’éclairer à ce sujet.
    Bonne continuation.

    1. En effet l’animal a un instinct qui assure sa survie et celle de son espèce. Il n’a pas de volonté de faire du mal.
      Quand je parle de bête, je parle de l’humain qui perd la dimension humaine pour rejoindre des instincts liés à son seul intérêt de possession en écrasant l’autre. Ce n’est déjà plus le même instinct que celui de l’animal.
      D’ailleurs, dans beaucoup texte quand on parle de bête à propos de l’humain, on parle de cette régression et non pas de la pureté de l’animal qui assure sa survie et celle de son espèce avec le principe de la pyramide écologique.

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